Activité Physique Adaptée (APA) en territoire varois : le guide complet
Durant de nombreuses années, le repos fut le maître mot dans le traitement des pathologies chroniques… Jusqu’à ce que la science s’empare du sujet et que toutes les études convergent vers les mêmes conclusions : l’activité physique joue un rôle majeur dans le traitement de certaines maladies, surtout si elle est adaptée à l’état de santé du patient. De ce constat naît une nouvelle pratique encadrée : l'Activité Physique Adaptée (APA). Aujourd’hui, l’APA s'impose comme une thérapeutique non médicamenteuse majeure pour préserver l'autonomie et améliorer la qualité de vie des patients.
L’activité physique, un outil thérapeutique adapté aux besoins des patients
Selon le site de Santé Publique France, « L'activité physique adaptée (APA) se définit comme une activité physique ou sportive adaptée aux capacités de personnes à besoins spécifiques : atteintes de maladies chroniques, vieillissantes, en situation de handicap ou vulnérables ».
Du sport sur ordonnance pour de nombreuses pathologies
Initialement instaurée par la loi Santé de 2016 pour les patients en Affection de Longue Durée (ALD), la prescription médicale de l'Activité Physique Adaptée (APA) s’est élargie avec la loi Sport de 2022. Désormais, le « sport sur ordonnance » peut être prescrit à de nombreux patients.
Elle concerne particulièrement :
• Les personnes atteintes de maladies chroniques et/ou d'Affection de Longue Durée (ALD) ;
• Les personnes porteuses de facteurs de risques : sédentarité, tabagisme, alimentation déséquilibrée, ou encore stress chronique ;
• Les personnes en situation de perte d’autonomie, liée à l'avancement en âge et/ou au handicap.
Des bénéfices sur le plan physique, psychologique et social
Dans son rapport d’expertise de 2019 sur les effets de l’activité physique dans la prévention et le traitement des maladies chroniques, l’Inserm met en lumière les bénéfices indéniables de cette pratique pour les pathologies métaboliques, cardiovasculaires, les cancers, les affections ostéo-articulaires et les maladies mentales. L'institut recommande d'intégrer le « sport sur ordonnance » directement dans le parcours de soin, en amont de tout médicament, notamment pour certaines affections comme la dépression légère ou le diabète de type 2.
La Haute Autorité de Santé (HAS), en reprenant les recommandations de l’Inserm, valide quant à elle l’activité physique comme une thérapie à part entière.
Les bénéfices de l'APA se mesurent sur trois plans :
• Sur le plan physiologique : amélioration des capacités cardiorespiratoires, renforcement musculaire, maintien de la densité osseuse et régulation de la glycémie.
• Sur le plan psychologique : réduction significative de l'anxiété, de la dépression et de la fatigue chronique (notamment pendant les traitements oncologiques).
• Sur le plan de l'autonomie et de la prévention : diminution du risque de chutes chez les seniors et rupture de l'isolement social grâce aux séances collectives.
Un chiffre clé : Les études cliniques démontrent qu'une pratique régulière d'APA réduit le taux de récidive de certains cancers (notamment le cancer du sein et du côlon) de 30% à 40%.
Vous pouvez retrouver les multiples bénéfices de l'APA dans l'infographie ci-dessous (source Inserm).
Activité physique adaptée dans le Var : enseignant APA et maisons de santé
Les professionnels de l’APA : des compétences et des rôles spécifiques
Strictement encadrée par le Code de la santé publique, la dispensation de l'APA exige des compétences particulières, garantissant la légitimité et la sécurité des enseignants APA.
• L’enseignant en APA (EAPA) : Il est la véritable clé de voûte entre le corps médical et le monde sportif. Il joue un rôle multiple : il réalise d'abord un bilan complet (bilan de condition physique) pour évaluer les capacités et les limites du patient. Il traduit ensuite l'ordonnance médicale en un programme sur-mesure, sécurisé et évolutif. Il aide le patient à reprendre confiance en son corps, à réduire ses douleurs et à briser le cercle de la sédentarité. Enfin, il assure la coordination en transmettant un bilan de progression détaillé au médecin prescripteur.
• Le masseur-kinésithérapeute et l’ergothérapeute : Ils interviennent généralement en amont ou en parallèle de l’enseignant APA. Ils restent les professionnels privilégiés pour dispenser l'APA aux patients présentant des limitations fonctionnelles très sévères ou instables. En restaurant ou en adaptant les capacités physiques du patient, ils agissent comme une passerelle indispensable vers un réentraînement à l'effort plus global et durable.
• L’éducateur sportif spécialisé : Titulaire d'un brevet d'État complété par une certification spécifique "Sport-Santé", son rôle précis est d'accueillir et d'accompagner des patients atteints de maladies chroniques ou en ALD stables, dont l'état de santé ne présente pas de risque médical immédiat, ou des personnes souhaitant reprendre une activité physique en toute sécurité.
L'enseignant APA peut exercer dans les établissements médicaux et médico-sociaux. Il s'intègre de plus en plus en entreprise pour prévenir la sédentarité et les troubles musculosquelettiques (TMS). Enfin, il intervient également dans le secteur libéral et associatif (coaching à domicile, CPTS, ou clubs sportifs) pour proposer des séances adaptées de proximité.
L’essor des Maisons Sport-Santé : le nouveau pilier du parcours de soins
Lancées en 2019 par les ministères chargés des Sports et de la Santé, les Maisons Sport-Santé (MSS) ont connu un déploiement spectaculaire pour devenir le maillon central du sport-santé en France. Elles ont d’ailleurs obtenu une reconnaissance juridique historique grâce à la loi Sport du 2 mars 2022, qui encadre leurs activités :
• Accueil, information et orientation du public concernant la pratique de l’activité physique et sportive à des fins de santé et l’activité physique adaptée ;
• Mise en réseau et formation des professionnels de santé, du social, du sport et de l’activité physique adaptée.
En 2026, la région PACA compte 21 structures labellisées, dont 8 pour le département du Var. Leur mission est double : accueillir et orienter toute personne souhaitant reprendre une activité physique, mais aussi accompagner les patients orientés par leur médecin grâce à des bilans de condition physique et des programmes passerelles sécurisés.
En centralisant l'expertise des professionnels de santé et des enseignants APA, les Maisons Sport-Santé incarnent la volonté publique de démocratiser une médecine préventive, durable et accessible à tous.
Retrouvez la liste des maisons sport-santé en PACA ici.
Le parcours pour intégrer les séances d’APA
L’intégration au sein d’un dispositif d'APA suit un parcours de soins balisé et coordonné entre le corps médical et les structures de terrain :
Le "sport sur ordonnance" : la prescription médicale
Le patient consulte son médecin généraliste ou son spécialiste. Depuis la loi Sport de 2022 et ses décrets d'application, la prescription de l'APA est ouverte au-delà des seules ALD, englobant les maladies chroniques et les critères de perte d'autonomie. Le médecin remplit alors une ordonnance spécifique de d'activité physique adaptée.
Le bilan initial par un enseignant APA
Le patient prend rendez-vous dans l'une des Maisons Sport-Santé ou auprès d'un enseignant APA libéral pour réaliser un bilan de condition physique et motivationnel (tests de marche, de souplesse, de force de préhension, questionnaires d'habitudes de vie).
La mise en œuvre du programme d'APA
Le patient intègre un cycle d'activités, généralement de 12 à 24 séances réparties sur quelques mois, dispensé de manière progressive en groupe restreint ou en individuel.
Le bilan final et la pérennisation
En fin de programme, un bilan évalue les progrès constatés et oriente le patient vers une pratique autonome durable au sein de clubs locaux, idéalement labellisés « sport-santé ».
La région PACA, terrain experimental pour la prise en charge de l'APA
Bien que l'APA ne soit pas encore généralisée au remboursement par la Sécurité sociale, plusieurs options de financement permettent d'alléger ou d'annuler les coûts pour les patients, notamment dans le Var. En effet, l'année 2026 marque un tournant décisif vers le remboursement, avec la mise en place de forfaits intégralement financés par l'État pour le parcours post-cancer.
La prise en charge spécifique du Parcours Cancer : nouveauté 2026
Conformément à l’arrêté ministériel du 13 mai 2026 relatif au parcours de soins global, les patients traités pour un cancer bénéficient désormais d'un programme d'APA expérimental entièrement financé par l'Agence Régionale de Santé (ARS) PACA. Ce forfait comprend un bilan initial, un cycle de 12 séances collectives (renouvelable une fois, soit 24 séances au total) et un bilan final, directement versé aux structures coordinatrices labellisées.
Les autres leviers de financement
- Les mutuelles et complémentaires santé : De nombreux organismes proposent des forfaits "Sport-Santé" allant de 100 € à 250 € par an sur présentation de l'ordonnance médicale.
- Les aides des collectivités locales : Le département du Var ou certaines intercommunalités subventionnent ponctuellement des programmes via des actions de prévention de la perte d'autonomie.
- Le tissu associatif : Des structures comme le Comité du Var de la Ligue contre le Cancer ou l'UFOLEP 83 proposent des tarifs très réduits, voire la gratuité, grâce à leurs fonds propres et aux subventions régionales.
Vous souhaitez intégrer un parcours APA ? La CPTS PML met en place des séances d’APA ouvertes aux habitants de son territoire sur les communes de Bormes-les-Mimosas, Collobrières, Pierrefeu-du-Var et Le Lavandou. Intéressé ? Contactez la CPTS PML !
Sources :
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